Comité local de Bagnolet

Informations Ouvrières les titres et l'édito

Y a-t-il un autre moyen ?

 


Informations ouvrières n° 20  Semaine

du 30 Octobre  au 5 novembre   2008


L'ÉDITO PAR DANIEL GLUCKSTEIN



Y a-t-il un autre moyen ?

UNITÉ avec le gouvernement ? Ou bien unité pour bloquer la politique du gouvernement ?

En cette période de crise qui menace les fondements de la société, la question est posée à tout le mouvement ouvrier. Le 23 octobre, Sarkozy a déclaré : « Nous risquons d'être confrontés partout à la révolte des classes populaires. »« dégraissage », C'est un fait : les patrons multiplient les plans de profitant de la situation pour l'aggraver encore et « purger » les secteurs jugés non rentables. La révolte gronde dans le pays. Et pourtant, le même Sarkozy, deux jours plus  tôt, avait déclaré : « La crise que nous traversons ne doit en rien retarder les réformes. Elle doit au contraire les accélérer. » Ce jour-là, Sarkozy mettait en place la commission Balladur/Mauroy chargée, dans un parfait consensus droite/gauche, d'accélérer le démantèlement de la République?

Faut-il aider le gouvernement à accélérer les contreréformes ? Faut-il l'aider en participant à la commission Mauroy/Balladur ou à la commission Ailleret chargée de préparer la privatisation de La Poste ? Faut-il l'aider en participant aux prétendues discussions sur les contre-réformes à l'école, à la santé ? Faut-il l'aider, en s'abstenant de manière favorable sur le plan des 360 milliards d'aide aux spéculateurs, comme l'a fait le Parti socialiste la semaine dernière ?

Les coups pleuvent. Renault ferme pour plusieurs semaines, PSA réduit son activité de 30 %, la CAMIF est liquidée.
Faut-il aider le gouvernement dans ses contreréformes ? Ce 28 octobre, Sarkozy a annoncé un plan de précarisation généralisée, sous couvert de « sécurité sociale professionnelle » (lire p. 4). Pièce maîtresse du plan : l'extension du contrat de transition professionnelle (CTP) supposé renforcer les garanties des travailleurs privés d'emploi. Mais une fois le CTP fini, que se passe-t-il ? Selon Les Echos, 6 travailleurs sur 10 se retrouvent sur le carreau après le CTP. Et Sarkozy exige des syndicats ouvriers qu'ils mettent au point avec lui la « feuille de route » de cette mesure

antiouvrière !
Face aux vagues de suppressions d'emplois, le mot d'or dre est simple, celui posé dans l'unité des travailleurs et des syndicats à la CAMIF : « Retrait du plan, maintien de tous les emplois. » C'est le mot d'ordre des enseignants : « Retrait des mesures de Darcos, maintien du bac. » C'est le mot d'ordre des hospitaliers : « Retrait de la contre-réforme, maintien des hôpitaux, retour à la Sécurité sociale de 1945. » C'est le mot d'ordre de tous les fonctionnaires : « Retrait du plan de 50 000 suppressions d'emplois. »

De tous les secteurs de la classe ouvrière, monte une exigence qui tend à rassembler en un mot d'ordre : « Retrait du plan, de tous les plans, maintien des emplois, de tous les emplois, interdiction des licenciements, de tous les licenciements.»
Cela suppose que les organisations qui se réclament de la classe ouvrière et de la démocratie rompent tout fil qui les relie aux plans de Sarkozy offrant 360 milliards pour les spéculateurs, plans dictés par l'Union européenne et la Banque centrale européenne (BCE).

Oui, la situation est dramatique. Mais elle n'est pas désespérée. Sarkozy a raison de s'inquiéter de la révolte des classes populaires. Elle mûrit dans tout le pays. Elle appelle une réponse claire : l'unité des travailleurs et des organisations, tous ensemble, dans l'action de classe unie pour faire reculer le gouvernement, interdire les licenciements, bloquer la spirale infernale.

Y a-t-il un autre moyen ?