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 L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°200

 

  


Ce carcan doit être brisé

Quiconque observe objectivement ce qui se passe jour après jour — défaite de Merkel en Allemagne, crise qui s’approfondit en Grèce, juste après la grève générale en Espagne — reconnaîtra que nous avons eu raison d’écrire, le 6 mai au soir, que le renvoi de Sarkozy s’inscrit dans un immense mouvement de rejet qui balaie toute l’Europe : le rejet des politiques d’austérité imposées depuis vingt ans au nom du traité de Maastricht.

On ne répondra pas à ce rejet sans briser le carcan qui, depuis Maastricht, détruit les droits ouvriers et étouffe la démocratie dans tous les pays du continent.

A l’heure où ces lignes sont écrites, le président de la République, investi de ses nouveaux pouvoirs, s’est envolé pour Berlin. Il entend y « renégocier » avec Angela Merkel le fameux traité TSCG. En réalité, il serait question de mettre au point, à côté du traité TSCG, un « pacte de croissance ».

Nous avons été amenés, la semaine dernière dans ces colonnes, à nous interroger sur cette notion de « pacte de croissance » : pour de nombreux responsables, il s’agit ouvertement d’une « croissance » des profits fondée sur la surexploitation et la déréglementation des droits ouvriers, et non de croissance de l’emploi et des revenus de la population laborieuse.

Mais ne faisons pas de procès d’intention. Imaginons un instant que les efforts de François Hollande, couronnés de succès, aboutissent à un « pacte de croissance » ouvrant la perspective d’un certain redémarrage de la machine économique, de l’emploi et du pouvoir d’achat. Que se passerait-il alors ? Dans cette hypothèse — hautement improbable à nos yeux, répétons-le — toute mesure visant à une véritable relance de la croissance se heurterait à la réalité du TSCG. Car aucune prévision de croissance, même la plus optimiste, ne prévoit de faire rentrer dans les caisses de l’Etat les 85 milliards d’euros de réduction de la dette auxquels contraint le traité TSCG dès 2013 (1), pas plus que les dizaines de milliards destinés à réduire les déficits publics.

Les faits sont les faits : dans tous les cas de figure, la ratification du TSCG par les vingt-cinq Etats concernés vise à imposer la dictature de l’austérité obligatoire. Laquelle signifie que chaque année, au nom de la dette publique, des coupes de dizaines de milliards seront opérées dans les budgets publics, sous la menace de sanctions automatiques, et de l’envoi d’émissaires venus comme en Grèce, dicter les plans de destruction décidés à Bruxelles.

La démocratie, c’est que l’aspiration exprimée par le rejet qui se répand aujourd’hui comme une traînée de poudre d’un bout à l’autre de l’Europe soit entendue. Et donc que la spirale destructrice de l’austérité supermaastrichtienne soit brisée. Ne pas s’engager sur cette voie ne laisserait d’autre recours aux peuples que de se révolter. Le plus simple ne serait-il pas de ne pas ratifier ?

D’une manière ou d’une autre, ce carcan doit être brisé. Le traité TSCG ne doit pas être ratifié. C’est ce que diront les 103 candidats du Parti ouvrier indépendant aux élections législatives. C’est ce que nous dirons avec nos camarades de toute l’Europe, le 3 juin au meeting de la porte de Charenton.


(1) 1,3 fois le budget de l’Education nationale.

Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

 

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