PARTI OUVRIER INDEPENDANT Comité local de BAGNOLET 93

 

Résolution générale du 3eme Congres

 

I Le IIIe Congrès du POI enregistre que l’activité des comités locaux, des adhérents du POI, a permis de rassembler 39 326 signatures sur l’appel initié par notre parti contre le projet de réforme constitutionnelle.

Quelle est la signification de ces signatures ? Ces 39 326 signatures ont été réalisées dans les entreprises, dans les localités. Elles sont le signe indiscutable qu’une force cherche – au sein de la classe ouvrière et de la population – à se regrouper pour s’opposer au diktat de l’obligation de réduction des déficits publics et que, lorsqu’ils sont sollicités, travailleurs, militants, jeunes de toutes tendances se saisissent de l’appel lancé par le POI. C’est un encouragement à poursuivre et à amplifier cette campagne.

Mesurer pleinement la signification de ce résultat nécessite de l’insérer dans une appréciation de la situation internationale et nationale.

II C’est un fait : à l’échelle mondiale, la crise de décomposition du système capitaliste apparaît dans toute sa brutalité. Les événements se succèdent à un rythme accéléré.

Tous les pays d’Europe, les uns après les autres, sont entraînés dans la ruine et la faillite. La Grèce hier, le Portugal aujourd’hui, demain l’Espagne, l’Irlande… la France.

Dans le même temps, le capitalisme décomposé développe aux quatre coins du monde les guerres meurtrières contre les peuples. Après les bombardements, l’intervention terrestre se prépare en Libye. A la sanglante occupation militaire de l’Afghanistan, à laquelle il participe activement, le gouvernement Sarkozy ajoute l’intervention en Côte-d’Ivoire.

« Gouvernements fauteurs de guerre, craignez la révolte des peuples. » Cet avertissement contenu dans l’appel de la Conférence mondiale d’Alger (novembre 2010) contre la guerre et l’exploitation s’est trouvé confirmé par la vague révolutionnaire en Tunisie.

Le peuple tunisien s’est dressé autour des mots d’ordre « Du pain, de l’eau, pas Ben Ali ! », pour ses droits, pour la démocratie, et la souveraineté de la nation et contre l’Accord d’association avec l’Union européenne. Au cœur de ce combat se trouve la classe ouvrière, constituant ses propres comités,et se réappropriant son organisation syndicale. La révolution tunisienne est aujourd’hui menacée. Tous les gouvernements et les institutions à l’échelle mondiale s’acharnent pour tenter de préserver l’ordre bourgeois et essayer d’assurer une continuité des institutions de l’ancien régime haï.

L’enjeu de cette lutte qui voit les travailleurs, avec leurs comités, leur syndicat, l’UGTT, se dresser contre les anciennes institutions pour en finir avec elles, se concentre aujourd’hui sur la bataille pour la convocation d’une véritable assemblée constituante souveraine, contre les forces de la réaction.

C’est à la fois un enjeu et une expression de la lutte des classes internationale. Partout, dans le monde entier, la marche à la barbarie et la résistance des peuples se heurtent.

III - L'issue pour l'humanité se trouve du côté de la mobilisation des peuples pour en finir avec le régime de l’économie de marché, afin d’instaurer la socialisation des moyens de production et d’échange. Ce choc est aussi à l’ordre du jour en France.

La situation ouverte par le mouvement sur les retraites n’est pas refermée.

Celui-ci n’a certes pas abouti, du fait de la politique des dirigeants, mais la mobilisation de millions et de millions de travailleurs se saisissant de leurs organisations de classe et entrainant de larges couches de la population et de la jeunesse a marqué la situation. Et le mouvement de la classe se poursuit sous des formes diverses. Les grèves dont il a été fait état dans notre congrès indiquent que grandit la volonté de se rassembler sur des revendications précises, et de se doter des moyens nécessaires pour surmonter les obstacles à leur lutte de classe.

Cet acharnement, cette recherche s’appuient sur un profond rejet enraciné dans la classe et l’ensemble de la population : « Cela ne peut plus durer, le peuple n’en peut plus, ça ne peut pas continuer comme ça. »

Que ce soit en ce qui concerne les attaques contre la santé, les salaires bloqués, l’avenir des jeunes, sacrifié, ou encore la paysannerie menacée de liquidation, pas un domaine qui ne voie l’indignation grandir de jour en jour. Chacun le ressent : les signaux s'accumulent, annonçant qu’une véritable catastrophe menace de frapper notre pays.

L'engagement pris par le gouvernement de ramener à 3 % du produit intérieur brut (PIB) le déficit public après 2012 incarne la brutalité de l’offensive en cours. Cette politique du traité de Maastricht, hormis notre parti, aucune formation politique n’en demande l’abrogation. On peut tourner le problème dans tous les sens. Tous ceux qui s’engagent à respecter ce cadre, donc à réduire les déficits publics, sont et seront amenés eux-mêmes à opérer directement des coupes claires dans tous les domaines, ou bien à collaborer.

L’an dernier, 4 milliards d’euros d’économies ont été réalisées sur le budget de l’Etat pour satisfaire aux demandes de l’Union européenne. Les travailleurs, la population ont pu en mesurer les effets, dans les 16 000 suppressions de postes dans l’enseignement, dans les fusions de services dans les hôpitaux, dans les restructurations, dans le blocage des salaires, tant dans le privé que dans le public, dans les nouvelles mesures annoncées contre la jeunesse, dans les suppressions d’emplois dans la fonction publique.

Or, ces milliards d’économies réalisés ne sont qu’une infime partie des 80 milliards d'euros qu’il leur faudrait récupérer pour réduire les déficits publics à 3 %. C’est dire l’ampleur de l’attaque qui se prépare. Pas plus qu’en Grèce, au Portugal et en Espagne, il n’est imaginable que de tels plans puissent être réalisés. Comme en Grèce, au Portugal, en Espagne et en France lors du mouvement des retraites, dans toute l’Europe, les travailleurs se dressent contre cette véritable guerre de destruction, guerre déjà engagée mais que les défenseurs de l’économie de marché s’apprêtent à faire déferler, à une tout autre échelle, contre les travailleurs et la jeunesse. IV.- Nous l’affirmons : la subordination à l’obligation de « réduction des déficits publics » est la forme que prend aujourd’hui la soumission aux exigences de la classe capitaliste dans sa crise de décomposition.

Le système de la propriété privée des moyens de production manifeste sa faillite. Le développement de tous les mécanismes parasitaires – le surgissement des mécanismes de la spéculation, l’économie d’armement, de la drogue – ont abouti à la crise mondiale qui ne cesse de s’approfondir depuis 2008. Les gouvernements capitalistes du monde entier ont injecté des milliards pour sauver les banques. Ils ont par là même nourri l’endettement des Etats et l’armement à un niveau jamais atteint. Cet endettement, présenté comme une fatalité, est utilisé comme un instrument politique pour leur offensive de destruction des droits ouvriers.

Ces déficits publics qu’il faudrait à tout prix réduire pour honorer la dette publique sont donc l’expression concentrée du caractère parasitaire atteint par le capitalisme.

C’est pourquoi l’attitude des partis politiques (avec ses conséquences sur les organisations syndicales, où nombre de dirigeants sont entrainés dans cette voie d’acceptation) à l’égard de la « nécessaire réduction des déficits publics » est une ligne de partage.

Et c'est là que s'exprime la subordination au régime de tous ceux qui ont ouvertement renoncé à en finir avec le régime de la propriété privée des moyens de production.

En effet, face à la résistance de la classe ouvrière et de la jeunesse, aucun gouvernement ne pourrait mettre en œuvre un tel plan s’il ne s’appuyait pas sur un véritable consensus. Or, sur ce point, le consensus est total de la part de toutes les directions des partis politiques. Qu'on en juge. Les députés du PS, du PCF, du PG ont voté contre à l’Assemblée nationale le projet de réforme constitutionnelle, ce dont on ne pourrait que se féliciter. Mais, en même temps, que disent-ils ?

Les dirigeants du Parti socialiste accusent la droite : « Vous n’avez pas mis en œuvre les politiques structurelles qui auraient été nécessaires pour réduire les déficits. »

Ceux du Parti communiste se prononcent pour « une refondation de la Banque centrale européenne ».

Dans les autres pays d’Europe, les « socialistes » Papandréou, Socrates et Zapatero prennent la responsabilité de s’engager dans la mise en œuvre de ces plans destructeurs dictés par la Banque centrale européenne et le FMI.

Telle est la raison de la défaite spectaculaire du Parti socialiste ouvrier espagnol aux élections municipales du 22 mai. Au même moment, par dizaines de milliers, des manifestants regroupés sur les grandes places des villes espagnoles scandaient : « Nous voulons la vraie démocratie, maintenant ! » et aussi « Vous ne nous représentez pas ! »

S’agit-il seulement de questions posées en Espagne ? Que reste-t-il du suffrage universel quand, pour « se protéger des aléas de la démocratie », la « troïka » du Fonds monétaire international, de la Banque centrale européenne et de l’Union européenne exige des principaux partis politiques portugais qu’ils s’engagent par avance et par écrit, avant même les élections, à appliquer les plans meurtriers dictés par elle ?

Tout ce qui subsiste jusqu’à présent de démocratie et de souveraineté des nations est menacé de destruction quand les plans des gouvernements et leurs programmes sont écrits dans les moindres détails à Washington et à Bruxelles.
Tout ce qui subsiste de démocratie est menacé de disparaître, quand on somme les organisations syndicales de renoncer à leur indépendance.

Et ce consensus politique sur la réduction des déficits publics a ses conséquences dans les organisations syndicales. La réforme institutionnelle vise en effet à interdire tout droit aux organisations syndicales de présenter et défendre les revendications propres des salariés, contradictoires avec ce plan de sauvetage d’un système failli. Elle vise à les intégrer dans le cadre de l’acceptation d’un « budget » défini par les exigences des marchés financiers. Cette offensive totalitaire pour avancer dans la voie de l’instauration d’un ordre corporatiste contre l’existence des organisations syndicales fait partie intégrante du dispositif de l’Union européenne. Cela s’est exprimé dans le congrès de la CES. Au-delà de la dénonciation du pacte Euro plus, la CES, en proposant le « report » à 2016-2017 de la réalisation de l’objectif des 3 % du PIB, s’inscrit dans le cadre de l’acceptation de la « nécessaire réduction des déficits publics ».

Cela s’exprime également dans les tentatives faites de transformer les syndicats en « colégislateurs » des « contre-réformes », par la multiplication de signatures d’accords que le gouvernement utilise ensuite pour la rédaction de projets de loi contre le Code du travail, contre le statut de la fonction publique.

Ainsi, en faisant, comme POI, de cette question du combat contre la subordination à l’obligation de la « réduction des déficits publics » le centre de notre action politique, nous dégageons les moyens de grouper travailleurs, militants et démocrates sur une politique indépendante dans l’objectif d’aider la classe ouvrière, la population laborieuse, la jeunesse et tous ceux qui ne veulent pas renoncer à la démocratie à préparer les affrontements qui se profilent. Car nous savons que les solutions à la crise ne pourront être imposées que par la mobilisation de la classe ouvrière. Le choc se profile ; nous devons nous y préparer. Le mouvement de millions et de millions d’hommes et de femmes cherchant à réaliser l’unité avec leurs organisations, un peu plus tôt, un peu plus tard, remettra en cause toutes les institutions en faillite de l’Union européenne et de la Ve République.

Pour nous, POI, la signification de la bataille contre l’acceptation de la réduction des déficits publics se relie, à partir du refus de la dictature de la dette, au nécessaire combat pour la rupture avec l’Union européenne, pour l'abrogation du traité de Maastricht.

Aucune issue politique sans rupture avec le carcan de l’Union européenne, sans dénonciation de tous ses traités. Aucune issue politique sans abrogation des institutions de la Ve République, instrument servile chargé de relayer les plans de l'Union européenne, du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale. Aucune issue politique sans la mise à bas des institutions de la Ve République ouvrant la voie à la reconquête de la démocratie dont le peuple définira lui-même la forme et le contenu au sein d’une Assemblée constituante souveraine chargée d’instaurer une véritable République.

Seul un gouvernement porté au pouvoir par la mobilisation des masses et appuyé sur une telle Assemblée constituante pourrait entreprendre la nationalisation, sans indemnité ni rachat, de l'ensemble du système bancaire (et la confiscation des gigantesques profits des banquiers et des spéculateurs), effacer cette dette créée pour les besoins des spéculateurs et dégager ainsi les moyens mis au service d’une politique de défense de l'emploi, de l'industrie, des services publics, et non de la spéculation et de l'exploitation.

Seul un tel gouvernement pourrait soustraire les leviers de l'économie à la classe capitaliste et à ses instruments que sont le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, l’Union européenne, la Banque centrale européenne. Alors, il sera possible de prendre les mesures de sauvegarde du peuple travailleur, de bloquer totalement la machine à précariser la jeunesse, d’interdire les licenciements, de nationaliser les secteurs clés de l’économie et de faire prévaloir le droit de toute la jeune génération à un vrai travail, un vrai salaire, un vrai diplôme.

V.- Il est clair qu’une crise ravage toutes les institutions politiques, toutes les formes de la domination de la classe capitaliste de toute l’Europe, qu’il s’agisse des institutions bonapartistes en France, des institutions parlementaires en Allemagne ou de la monarchie constitutionnelle en Grande-Bretagne et en Espagne. Partout, toutes les formes les plus élémentaires de la démocratie sont piétinées, entraînant une crise sans précédent de tous les partis qui s’en réclament.

C’est ainsi qu’au moment où surgissent en Espagne les aspirations légitimes de ceux qui disent « il faut la démocratie », « on n’est pas représenté », on assiste aux manœuvres de tous ceux qui voudraient profiter de l’occasion : « plus besoin de représentation, plus besoin de partis, plus besoin de syndicats » pour les travailleurs et la population.

Le POI, pour sa part, réaffirme : la démocratie politique a toujours été pour tous les courants du mouvement ouvrier la forme la plus favorable au besoin vital pour la classe ouvrière de s’organiser pour la défense de ses propres intérêts.

L’impérialisme, pour « survivre », doit en effacer toutes les traces, vidant le suffrage universel de tout contenu et menaçant jusqu’à l’existence des organisations indépendantes.

Le POI inscrit donc son combat pour la défense pied à pied de l’existence d’organisations syndicales indépendantes, de leur indépendance contre toute tentative d’intégration, dans le cadre d’ensemble du combat pour la défense de la démocratie. Le POI inscrit son combat pour la construction d’un authentique parti ouvrier indépendant, fondé sur l’organisation de ses adhérents, sur le financement par ses adhérents, sur la vente de son journal. Cette construction est l’expression concentrée de la nécessité, pour la classe ouvrière, d’organiser son combat pour l’expropriation du capital, pour le socialisme en défendant bec et ongles la démocratie et en combattant en toutes circonstances pour sa reconquête.

Le POI, qui s’est constitué en rassemblant des courants du mouvement ouvrier d’origines diverses, sur la base du combat pour le socialisme, la République et la démocratie, est ouvert au débat et à la construction commune, avec tous ceux, quelle que soit leur origine, qui entendent situer leur action sur le terrain de l’indépendance de classe, du combat pour la rupture avec l’Union européenne.
Le Parti ouvrier indépendant en France adhère à l’orientation d’ensemble élaborée dans la Conférence mondiale d’Alger, organisée en novembre 2010, à l’initiative de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples. Le POI est partie prenante de la rencontre de Genève des 4 et 5 juin 2011, convoquée sur le terrain fondamental de la défense des conventions de l’OIT et de l’indépendance des organisations syndicales.

Pour le POI, ce combat pour le socialisme est indissociable du combat pour la défense de la démocratie, et sa reconquête intégrant le combat pour la liberté d’organisation de la classe pour faire prévaloir sa lutte de classe, dont l’objectif est de s’émanciper de l’exploitation capitaliste, et de toutes les formes institutionnelles qui l’accompagnent.

Le III° Congrès du POI décide de franchir une nouvelle étape dans la bataille de groupement autour de l’exigence du refus de la réduction des déficits publics.
Nous situons notre action politique dans la perspective d’un choc qui se prépare sans qu’on puisse en connaître précisément les rythmes et les formes.

Nous savons, quels que soient les développements factuels précis autour du vote du projet de réforme, que les dirigeants des partis de gauche ont clairement laissé entendre que, même s'ils votaient contre, ils étaient candidats à mettre en œuvre le contenu de cette réforme, à savoir la réduction des déficits.

En conséquence, le congrès :
- Décide de poursuivre et d'amplifier la campagne de signatures.
- Décide de lancer un appel aux 39 326 signataires, et plus largement à tous les travailleurs et jeunes pour leur proposer de s'organiser dans le POI ou avec lui.
- D’appeler partout à la constitution de comités d'action politique pour l’unité contre l’obligation de la « réduction des déficits publics », dictée par l’Union européenne, et pour les revendications.

Le Parti ouvrier indépendant appelle travailleurs et militants de toutes tendances à s'unir dans les efforts pour constituer de tels comités. Il propose la tenue, au cours du dernier trimestre de l’année, d’une conférence nationale de délégués de ces comités. Il propose d’organiser un grand rassemblement internationaliste avec des travailleurs, des militants de toute l’Europe, pour faire du combat contre la dictature des déficits publics, à la fois le levier d’un regroupement politique dans la lutte de classe dans notre pays, s’inscrivant dans la perspective – contre l’Union européenne – d’une Union libre des peuples et des nations libres d’Europe et l’axe de regroupement nécessaire des militants, des travailleurs se situant sur le terrain de l’indépendance de classe et de la démocratie dans tous les pays de l’Europe.

Sur cette base, il appelle les comités du POI à intensifier la campagne d’adhésions au Parti ouvrier indépendant.

L’appel adopté par notre congrès est un levier pour gagner tout de suite les adhésions nouvelles au POI parmi les 39 326 signataires.

Le congrès invite les comités départementaux à prendre toutes les dispositions pour organiser des réunions avec les maires qui aujourd'hui se dressent contre les schémas départementaux d'intercommunalité, traduction concrète de la réforme territoriale, nourrissant la crise à tous les niveaux. Nous lançons une campagne autour de la lettre de Gérard Schivardi pour la tenue de réunions d'élus, de maires, dans les départements. Informations ouvrières ouvrira une rubrique « Paroles de maires » pour rendre compte de ces réunions.

Le congrès invite tous les comités locaux à assurer le succès de la campagne d’abonnements d’été à Informations ouvrières.

Nous voulons aider les jeunes à s'organiser et à lier jeunesse et travailleurs. C’est le sens de la proposition d’une déclaration commune POI – AJR... Et c’est pourquoi, considérant la situation dramatique de la jeunesse dans notre pays, le IIIe congrès du Parti ouvrier indépendant a répondu favorablement à la proposition qui lui est faite par la délégation de l’Alliance des jeunes révolutionnaires venue saluer le congrès d’engager une action politique commune contre la précarité et la déqualification, pour un vrai travail, un vrai salaire, un vrai diplôme pour tous les jeunes et débouchant notamment contre une expression de cette offensive contre la jeunesse : le projet de « nouvelle licence » et de « professionnalisation » de toutes les formations.

Nous voulons organiser dans le cadre de l’Entente. Le congrès a approuvé le rapport de la commission internationale (publié en annexe).

Adoptée à l’unanimité

 

 

Lettre aux 39 326 premiers signataires de l’appel contre la réforme constitutionnelle, et aux travailleurs et à la jeunesse

Le IIIe congrès du Parti ouvrier indépendant invite les 39 326 premiers signataires de l’appel, comme les travailleurs et jeunes auxquels il adresse cette lettre, à s’associer à la poursuite et à l’amplification de la campagne massive de signatures de l’appel du POI contre la réforme constitutionnelle.

 

Pourquoi cette proposition ?

 

Notre discussion a clairement établi qu’un sentiment est partagé par l’immense majorité des travailleurs et des jeunes dans tout le pays : « Ça ne peut plus durer. »

 

A une délégation venue exiger le maintien de 46 postes d’enseignants, l’inspectrice d’académie de la Côte-d’Or répond : « Il s’agit pour notre département de la contribution à la résorption des déficits publics. » Dans tout le pays, ils sacrifient classes, écoles, services et hôpitaux entiers, emplois dans la fonction publique, ils remettent en cause les droits ouvriers et les garanties collectives, et tout cela pour quoi ? Pour « apporter une contribution à la résorption des déficits publics » !

D’où viennent-ils, ces déficits publics ? Ils ne tombent pas du ciel. Pour tenter de sauver un système capitaliste en faillite, engagé dans la plus terrible offensive pour écraser le coût du travail, les gouvernements ont renfloué les banquiers à coups de centaines de milliards d’euros. Ils exonèrent les capitalistes d’impôts et de cotisations sociales. Et ensuite, ils utilisent le prétexte des « déficits » créés par eux pour prendre les mesures d’exploitation de la classe ouvrière et de la jeunesse. Ils utilisent pour cela un « argument » à leurs yeux décisif : l’obligation de ramener à 3 % (et demain à 0 %) du produit intérieur brut (PIB) les déficits publics, obligation inscrite dans le traité de Maastricht. Et c’est cette obligation qu’ils voudraient inscrire maintenant dans la Constitution !

 

Les travailleurs sont en droit de dire : ce n’est pas notre existence qui doit être brisée, c’est Maastricht, ses critères, ses déficits, son euro et l’Union européenne. Pour les travailleurs, les retraités et la jeunesse, il n’y a pas d’autre voie que se dresser sous toutes les formes contre la subordination à la «  nécessaire réduction des déficits publics ». N’est-ce pas d’ailleurs ce que les travailleurs ont fait, se saisissant de leurs organisations, cherchant par millions à réaliser l’unité à tous les niveaux dans le mouvement pour défendre nos régimes de retraite ? La réforme Woerth, c’était la traduction, exigée par l’Union européenne, de la « nécessaire réduction des déficits publics  ». Certes, ce mouvement n’a pas abouti. Nous savons pourquoi : le refus de dirigeants d’organisations d’appeler à la grève jusqu’au retrait. Mais la question reste posée. Chaque grève ou chaque mobilisation contre la fermeture d’une classe ou d’un hôpital, pour la défense des emplois, pour l’augmentation des salaires, se dresse contre ce carcan des déficits publics et de Maastricht. Il en est de même lorsque des maires et des élus se mobilisent contre la réforme territoriale et la concentration des communes que le gouvernement veut imposer, dans la continuité des lois de décentralisation et de régionalisation. Il en est de même lorsque les paysans se mobilisent pour pouvoir vivre de leur travail.

Dans notre congrès, nous nous sommes posé une question : d’où vient l’obstacle auquel est confrontée chaque mobilisation, particulière ou générale ? A cela, nous répondons : l’origine de cet obstacle, c’est l’accord, le consensus entre tous les partis institutionnels sur la réduction des déficits publics. Ce consensus est à l’œuvre en Grèce, en Espagne, au Portugal où des «  gouvernements socialistes » imposent les politiques meurtrières dictées par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Il l’est aussi sur d’autres continents.

 

En France, si, le 10 mai dernier, les députés du PS, du PCF et du PG ont voté contre la réforme constitutionnelle – ce dont on ne peut que se féliciter – force est de constater qu’à cette occasion, on a entendu les députés du PS affirmer : « Nous sommes d’accord pour réduire les déficits » ! Il y a donc sur ce point un consensus droite-gauche sur l’objectif : le retour à 3 % du PIB (en 2013 pour les uns, 2014 pour les autres), c’est-à-dire sur l’engagement d’amputer de 80 milliards d’euros le budget de la nation ! Tout le monde comprend l’ampleur des destructions que cela implique.

Le consensus est l’ennemi de la démocratie. On le voit au Portugal où, avant même les élections, les principaux partis politiques signent un engagement à appliquer les mesures de destruction de la « troïka » (FMI, Banque centrale européenne, Union européenne). On le voit dans toute l’Europe où l’Union européenne et les gouvernements à son service exigent des organisations syndicales qu’elles renoncent à leur indépendance pour se subordonner à « l’obligation de réduction des déficits publics », c’est-à-dire à l’Union européenne et au pacte de stabilité.

 

Nous, délégués au IIIe congrès du Parti ouvrier indépendant, nous appelons à intensifier la campagne de signatures sur l’appel lancé par notre parti (lire ci-dessous). Tout le monde est concerné. Pas une école, une classe, un lit d’hôpital, un bureau de poste, pas un seul droit ouvrier — que ce soit à la retraite, à la santé, à la Sécurité sociale, à la formation, à la qualification — ne doit être sacrifié à l’obligation de réduction « des déficits publics » !

 

Pour sa part, le Parti ouvrier indépendant estime que la situation dramatique que connaît le pays ne trouvera de solution que par la mobilisation de millions de travailleurs et de jeunes qui imposera la liquidation des institutions de l’Union européenne et de la Ve République.

Une telle mobilisation ouvrira la voie à la formation d’un gouvernement capable de prendre les mesures d’urgence et de sauvegarde du peuple et de la démocratie, s’appuyant sur l’élection d’une Assemblée constituante souveraine prenant entre ses mains tous les pouvoirs, en s’émancipant du carcan de Maastricht. Le Parti ouvrier indépendant décide d’agir pour aider une telle solution politique à s’imposer dans la perspective d’ensemble qui est la sienne : en finir avec le régime capitaliste d’exploitation et d’oppression, pour le socialisme, c’est-à-dire la socialisation des moyens de production et d’échange.

 

Mais, de manière immédiate, il est une urgence : se grouper, s’organiser pour mettre en échec la dictature des déficits publics au nom de laquelle la classe capitaliste et ses représentants veulent tout détruire.

Nous vous invitons à faire signer massivement l’appel contre la réforme constitutionnelle (et contre toute autre forme par laquelle un gouvernement quel qu’il soit voudrait imposer la dictature de la réduction des déficits publics). Nous vous invitons à constituer, partout où cela est possible, des comités d’action politique pour l’unité, contre l’obligation de réduction des déficits publics, pour les revendications, associant militants et travailleurs de toutes tendances dans la campagne commune.

Nous soumettons à la discussion la proposition de réunir à la fin de l’année une Conférence de délégués de ces comités.

Groupons-nous avec les travailleurs et les peuples de toute l’Europe. Groupons-nous en participant à un meeting internationaliste, à l’automne, avec des travailleurs et des militants de toute l’Europe, rangés sous le même drapeau et sur la même perspective.

 

C’est ainsi que nous ouvrirons une issue. Les plus grands combats s’annoncent pour la classe ouvrière et la jeunesse. Les préparer et s’y préparer exige de renforcer la construction d’un authentique parti ouvrier indépendant.

 

Rejoignez le Parti ouvrier indépendant !

Plus que jamais, signez, faites signer l’appel des 39 326 contre la réforme constitutionnelle :

«  La défense de la démocratie exige de dire NON au projet de réforme constitutionnelle de Sarkozy, qui veut inscrire dans la Constitution le respect des équilibres budgétaires, c’est-à-dire l’instauration permanente de la rigueur. La défense de la démocratie exige que, sous aucune forme, les besoins du peuple et les conquêtes sociales collectives des travailleurs ne soient soumis aux politiques de réduction des déficits publics dictées et imposées par l’Union européenne. La défense de la démocratie exige que les organisations syndicales puissent librement défendre les revendications des travailleurs. »

Messages au 3eme Congres

 

Message de Nancy Wohlforth :

Chers camarades Gluckstein et délégués au congrès national du POI.
Je vous envoie mon salut pour votre congrès national du POI ce week-end et vous souhaite plein succès dans vos délibérations. Je suis sûre que les décisions que vous prendrez auront une véritable influence dans les durs combats en cours auxquels sont confrontés le mouvement syndical et la classe ouvrière en France.
Aux Etats Unis, nous avons suivi de très près les propositions que, dans la dernière période, vous avez faites au mouvement ouvrier organisé français et européen. Votre campagne contre tout licenciement, suivie par votre campagne pour l’abrogation de la loi qui apporte des modifications à l’âge de la retraite et aux allocations ont eu une influence décisive pour construire un combat indépendant. Vous avez ouvert la voie à une orientation qui demandait aux syndicats de refuser de se laisser intégrer dans les « tables rondes » et autres manoeuvres destinées à paralyser le mouvement syndical et à l’empêcher d’entreprendre le genre de combat qu’il faut mener pour vaincre l’offensive patronale.
Nous avons tout particulièrement suivi les manifestations massives de millions de salariés, d’étudiants, de chômeurs, de paysans français – qui tous exigeaient l’abrogation de cette loi inique sur la retraite. Ici aux Etats Unis, lors de nos réunions syndicales, nous avons montré que votre position d’indépendance et vos mobilisations étaient des exemples à suivre.
Nous savons que les luttes que vous avez contribuées à initier n’ont pas abouti en fin de compte. Mais vous avez montré ce qu’il fallait faire pour gagner et quels obstacles devaient encore être surmontés – c’est-à-dire la subordination permanente des responsables syndicaux au sommet (et les dirigeants des partis politiques qui disent représenter les travailleurs) à la politique des patrons et des gouvernements à leur service à travers des instruments tels que le FMI, la Banque Mondiale et l’Union Européenne.
J’adresse mon salut à votre congrès et j’attends avec impatience de recevoir le compte rendu, afin qu’ensemble nous puissions engager une riposte internationale efficace pour défendre l’indépendance de nos syndicats, comme condition nécessaire pour être en mesure de vaincre les attaques qui pleuvent sur nous et inverser le cours désastreux de ce qui est prôné par les institutions du capital mondial.
Salutations fraternelles,

Nancy Wohlforth,
Membre de la Commission Exécutive Nationale de l’ AFL-CIO (pour information seulement) et membre du Comité de Coordination de l’Entente Internationale des Travailleurs et des Peuples (International Liaison Committee of Workers and Peoples – ILC)

 

Message de Roger Sandri

Chères et chers camarades,
Les années se font sentir. C’est la raison pour laquelle je ne peux être présent parmi vous.
Ce IIIe Congrès du POI me reporte à il y a plus de trois ans, lorsqu’avec mon camarade et ami Pierre Lambert, déjà malade, sur son lit d’hôpital, nous avons décidé de soutenir l’appel pour la constitution du Parti ouvrier indépendant rassemblant les hommes, femmes, jeunes, conscients de la nécessité d’agir sur le terrain de classe, pour l’avènement d’une société plus juste et surtout plus égalitaire, première étape du combat social.
Nous écrivions : « Nous sommes en situation d’affirmer, sur la base de notre longue expérience de militants syndicalistes, que le problème du Parti ouvrier concentre aujourd’hui nombre de développements passés et à venir de l’humanité. De ce point de vue, partisans de l’indépendance politique et syndicale du mouvement ouvrier, nous considérons que la proposition de regrouper tous les courants du mouvement ouvrier, tous ceux qui se situent sur un terrain de classe, avec les maires, dans le cadre d’un parti ouvrier nouveau est une réponse appropriée à la situation. Pour nous, le dénominateur commun entre l’action des maires et l’action des militants ouvriers se concentre dans la construction d’un tel parti. »
In fine pour nous, le mode de production capitaliste fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange, a depuis longtemps fait la preuve de sa nocivité universelle : il faut donc en changer.
La bourgeoisie, son expression politique se présente aujourd’hui et particulièrement en France comme sa face la plus hideuse, y compris – particularité française – l’actualité nous le montre, quand elle se dit « de gauche », terme générique qui recouvre toutes les turpitudes, l’actualité nous en apportant la démonstration quotidienne.
Le POI doit se placer à la pointe du combat pour la transformation de la société.
Aujourd’hui, le capitalisme est dans l’impasse. Ce qui se passe en Irlande, en Grèce, au Portugal, ou en Espagne, bientôt en Italie et pourquoi pas en France, nous éclaire encore plus sur les politiques meurtrières conduites par les dirigeants des institutions du mondialisme et en premier lieu ceux du FMI et de la Banque mondiale.
Et subsidiairement, les gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite, s’alignent sur les injonctions du mondialisme, antichambre de la « gouvernance mondiale ».
Il nous appartient de réagir, comme le font les travailleurs grecs et espagnols, comme la jeunesse à la pointe du combat, pour nous opposer aux politiques de destruction sociale manigancée par le mondialisme et par sa succursale : l’Union européenne.
La lutte de classe n’a jamais pris autant de place dans l’actualité sociale, en dépit de tous les artifices utilisés par la bourgeoisie pour annoncer son extinction et en dépit de ses séides nous empêchant de nous exprimer.
Pour les vrais socialistes, dignes de ce nom – il en existe encore – reprenons ce que disait Jean Jaurès : «  Ce que m’a appris la vie, c’est la nécessité du combat ».
L’année à venir sera riche en combat politique. Le POI doit y prendre toute sa place.
Vive la classe ouvrière ! Vive la sociale !
Salut camarades

 

 

Motion du 3eme congres

A bas la guerre, à bas l’exploitation !

Les délégués au congrès du POl réaffirment leur opposition résolue à la guerre déclenchée contre le peuple libyen soumis à d’intenses bombardements depuis une semaine.
La preuve est faite que le prétexte avancé d’aide aux populations civiles masque en réalité une agression impérialiste disloquant la Libye et son peuple, et menaçant le combat des peuples égyptien et tunisien.
Pendant dix ans, les grandes puissances ont soutenu le régime Kadhafi qui a mis en oeuvre toutes leurs exigences en termes de privatisation, de déréglementation.
Aujourd’hui, il s’agit d’aller plus loin dans la voie du pillage des richesses de ce pays.
Au moment où le gouvernement français supprime des milliers de postes d’enseignants, de fonctionnaires, privatise les services publics au nom de la réduction des déficits publics, il trouve des millions d’euros pour financer la guerre.
Le congrès du POl réaffirme sa solidarité avec les peuples qui combattent pour leurs droits et se déclare en complète opposition à l’intervention des grandes puissances.

Adoptée à l’unanimité

 

Communiqué de presse du POI - 29 mai 2011

3e Congrès national

 

1. Le 3e Congrès national du POI s’est tenu les 27-28 et 29 mai. Les 275 délégués , représentant 300 comités locaux et 88 comités départementaux, ont évoqué les dizaines et dizaines d’initiatives, partout en France, pour aider à la résistance unie des travailleurs, de la population, des militants du mouvement ouvrier et élus des communes, face aux conséquences tragiques de la politique de réduction des déficits publics, dictée par l’Union européenne et le FMI.

2. Le congrès a décidé d’amplifier la campagne contre le consensus sur "la réduction des déficits publics", en allant au-delà des 40 000 signatures déjà rassemblées pour le retrait du projet de loi constitutionnalisant la rigueur. Ce projet, déjà voté en 1ère lecture le 10 mai à l’Assemblee nationale, sera présenté au Sénat le 14 juin prochain. "Si le 10 mai dernier, les députés du PS, du PCF et du PG ont voté contre la réforme constitutionnelle - ce dont on ne peut que se féliciter - force est de constater qu’à cette occasion on a entendu les députés du PS affirmer : "nous sommes d’accord pour réduire les déficits" ! Il y a donc sur ce point un consensus droite-gauche. " (extrait de la lettre adressée par le congres aux 40 000 premiers signataires).
Le Congrès a appelé à la constitution de comités d’action politique pour l’unité, regroupant travailleurs, militants et élus de toutes tendances, contre la dictature des déficits publics. Ces comités pourraient se réunir en Conférence nationale à la fin de l’année 2011.

3. Le congrès a également décidé de poursuivre la discussion avec les élus et les maires sur la lettre de Gérard Schivardi contre la réforme territoriale. Celle-ci signifie la mort des communes et l’installation autoritaire des super-communautés d’agglomération. Une série de rencontres de G.Schivardi avec les maires qui combattent cette réforme a été programmée.

4. Après avoir débattu d’une contribution des 4 secrétaires nationaux du POI, les délégués ont estimé qu’à l’heure d’aujourd’hui, l’ élection présidentielle de 2012 constitue un déni de démocratie. "Aucune issue politique n’est possible sans rupture avec le carcan de l’Union européenne, du FMI et des institutions de la Ve Republique. Le rétablissement de la démocratie réelle passe par une Assemblée constituante souveraine chargée d’instaurer une vraie République."
Les délégués ont été invités à réunir dès maintenant les conditions de candidatures aux législatives. En ce qui concerne l’élection présidentielle, le Congrès a décidé d’engager avec tous les adhérents la discussion sur l’éventualité d’une candidature et de convoquer un Congrès extraordinaire pour arrêter une décision. Celle-ci étant appréciée par tous les congressistes comme une décision tactique.

5. A l’issue des travaux un bureau national de 52 membres a été élu. Il a reconduit le mandat des 4 secrétaires nationaux sortants : Claude Jenet, Jean Markun, Gérard Schivardi et Daniel Gluckstein.

1. Le 3e Congrès national du POI s’est tenu les 27-28 et 29 mai. Les 275 délégués , représentant 300 comités locaux et 88 comités départementaux, ont évoqué les dizaines et dizaines d’initiatives, partout en France, pour aider à la résistance unie des travailleurs, de la population, des militants du mouvement ouvrier et élus des communes, face aux conséquences tragiques de la politique de réduction des déficits publics, dictée par l’Union européenne et le FMI.

2. Le congrès a décidé d’amplifier la campagne contre le consensus sur "la réduction des déficits publics", en allant au-delà des 40 000 signatures déjà rassemblées pour le retrait du projet de loi constitutionnalisant la rigueur. Ce projet, déjà voté en 1ère lecture le 10 mai à l’Assemblee nationale, sera présenté au Sénat le 14 juin prochain. "Si le 10 mai dernier, les députés du PS, du PCF et du PG ont voté contre la réforme constitutionnelle - ce dont on ne peut que se féliciter - force est de constater qu’à cette occasion on a entendu les députés du PS affirmer : "nous sommes d’accord pour réduire les déficits" ! Il y a donc sur ce point un consensus droite-gauche. " (extrait de la lettre adressée par le congres aux 40 000 premiers signataires).
Le Congrès a appelé à la constitution de comités d’action politique pour l’unité, regroupant travailleurs, militants et élus de toutes tendances, contre la dictature des déficits publics. Ces comités pourraient se réunir en Conférence nationale à la fin de l’année 2011.

3. Le congrès a également décidé de poursuivre la discussion avec les élus et les maires sur la lettre de Gérard Schivardi contre la réforme territoriale. Celle-ci signifie la mort des communes et l’installation autoritaire des super-communautés d’agglomération. Une série de rencontres de G.Schivardi avec les maires qui combattent cette réforme a été programmée.

4. Après avoir débattu d’une contribution des 4 secrétaires nationaux du POI, les délégués ont estimé qu’à l’heure d’aujourd’hui, l’ élection présidentielle de 2012 constitue un déni de démocratie. "Aucune issue politique n’est possible sans rupture avec le carcan de l’Union européenne, du FMI et des institutions de la Ve Republique. Le rétablissement de la démocratie réelle passe par une Assemblée constituante souveraine chargée d’instaurer une vraie République."
Les délégués ont été invités à réunir dès maintenant les conditions de candidatures aux législatives. En ce qui concerne l’élection présidentielle, le Congrès a décidé d’engager avec tous les adhérents la discussion sur l’éventualité d’une candidature et de convoquer un Congrès extraordinaire pour arrêter une décision. Celle-ci étant appréciée par tous les congressistes comme une décision tactique.

5. A l’issue des travaux un bureau national de 52 membres a été élu. Il a reconduit le mandat des 4 secrétaires nationaux sortants : Claude Jenet, Jean Markun, Gérard Schivardi et Daniel Gluckstein.